Ce que la société propose

Monday, May 15, 2006

CE QUE LA SOCIÉTÉ PROPOSE…

Nous sommes un être “solitaire” et nous pouvons nous isoler en nous retirant de tout contact humain ou restreindre nos échanges au cadre de la maison. Nous sommes aussi “un être social” dépendant des autres et du milieu dans lequel nous vivons. En général, la loi du nombre l’emporte sur les considérations individuelles. Nous faisons partie de la famille des vivants, nous partageons les bons côtés comme découvertes scientifiques et médicales, mais aussi les inconvénients comme la pollution ou les résistances aux antibiotiques… On est aussi puni du mauvais comportement des autres par une loi qui restreint notre liberté alors que l’on n’a rien à se reprocher. Tel est le cas, par exemple, des automobilistes à conduite dangereuse qui sont à l’origine de lois qui s’appliquent à tout le monde.
La famille vit dans une société organisée. Elle y puise son argent, son emploi et ses ressources et y satisfait ses besoins. Nous sommes tributaires de la solidarité sociale avec ses avantages et ses dangers.
La société est un ensemble aux contours mal définis, qui appartient à un pays, à une époque et qui est souvent en relation avec le monde entier. Depuis le code d’Hammourabi dans les anciens temps, elle est réglée par des lois codifiées.
Il existe de bonnes choses qu’on pourrait définir comme un gâteau social contrastant avec la misère. La société comporte des nantis et des exclus, ceux qui sont à la mode, dans le vent social et des marginaux. avec son lot de crimes et de délinquants. Bref, il faut de tout pour faire un monde, mais c’est ce monde qui n’est pas satisfaisant pour tous et qui apporte la contestation, la révolte ou simplement la remise en question qui nous fait vivre des équilibres instables.
Les gens se déplacent dans la rue, en général, vers des institutions publiques ou privées.
La société définit des statuts avec des devoirs et des droits. Il faut des diplômes et être agréés pour pouvoir exercer un métier, faire les formalités nécessaires pour créer un commerce ou une entreprise. Tout ce qui existe doit être en principe légal et réglementé.
En échange, nous pouvons accorder un crédit à ces statuts et ne pas se demander si le chauffeur de taxi a son permis de conduire ou si le chirurgien connaît son métier. En cas de défaillance, des recours juridiques sont possibles.
Le rôle est la façon d’exercer son métier. Le statut qui est le titre de son métier reflète le niveau d’études et la légalité de sa fonction, mais pas du tout notre niveau de compétence, ni nos qualités humaines. L’étudiant est jugé sur des examens. Il peut les réussir :
• parce qu’il a eu la chance de tomber sur les sujets qu’il connaissait alors qu’il a fait l’impasse sur d’autres.
• parce qu’il apprend au dernier moment et qu’il a développé une mémoire photographique au lieu de réfléchir à plusieurs reprises sur le sujet.
• parce qu’il a l’état d’esprit de celui qui le corrige et qu’il répond bien à ce que l’on attend de lui.
Ainsi, on peut être diplômé et ne pas être compétent. A l’inverse, on peut aimer son métier et approfondir sans arrêt ses connaissances alors que d’autres ne pensent qu’à son aspect pécuniaire.
On peut aussi prospérer par son métier parce que l’on sait parler aux gens et se vendre, indépendamment de notre compétence.
La société a son rythme de fêtes, de coutumes ou d’événements commémoratifs, ses réseaux de production et de distribution, ses passions comme le foot-ball et les vacances, ses dirigeants et ses vedettes…

S’INSERER DANS LA SOCIETE

Avoir une place correcte dans la société est le souci des parents aussi bien pour leurs enfants que pour eux-mêmes. Ceci se résume souvent à gagner de l’argent, mais il faut aussi penser aux moyens d’extraire cet argent, légaux ou illégaux. Si on passe trop de temps pour le gagner, en aurons-nous suffisamment pour le dépenser ? Il ne faut pas pour autant négliger le niveau et la qualité de sa vie. L’argent permet de financer ses idées, mais il ne soigne pas notre intérieur ni les moments pénibles de notre affectif.
La maison est faite pour se nourrir et se reposer, mais notre évolution se fait à l’extérieur avec ses risques et ses espoirs.
Il faut savoir connaître le langage social sous peine d’être rejeté. Avoir un métier est une clef pour pouvoir s’insérer, mais encore faut-il savoir se vendre. Dans la pièce de théâtre de Jules Romain, “Le docteur Knock”, à la différence de son prédécesseur, a fait appel à des moyens publicitaires et a su parler aux gens pour faire prospérer son cabinet, alors que l’on peut douter de ses compétences.
Il faut sentir la demande, le vent ou les courants sociaux. La restauration rapide s’est développée à notre époque et répond à notre mode de vie, alors que celui qui a cherché à cuisiner en respectant le goût et la santé n’a pas été écouté.
Il faut chercher le“truc” qui fait maigrir rapidement sans se priver alors que vous n’aurez aucun succès, si vous dites qu’il faut manger moins en se dépensant plus et qu’un régime n’est valable que sur le long terme jusqu’à changer ses habitudes alimentaires !
Il faut vendre des produits ou des services et avoir des clients pour pouvoir survivre d’abord et vivre avec aisance par la suite.
Cependant le rêve ou l’illusion se vendent mieux que la réalité et pour la justice ou les assurances, les faux papiers valent parfois mieux qu’une vérité mal défendue.
Si vous arrivez à convaincre votre prochain que l’eau est la meilleure des boissons, vous risquerez d’entraîner un désastre économique chez ceux qui vendent les boissons sucrées ou alcoolisées. De même, il serait économiquement plus intéressant de fêter Noël en dehors du 25 décembre pour éviter la montée des prix des réveillons.
Mon but n’est pas de semer la zizanie dans les habitudes sociales, mais de souligner l’importance du conformisme, du conditionnement social à coup de publicité, de participation des vedettes et des médias.
L’enfant est un consommateur privilégié qui sait persuader les parents de ses désirs. Tout est fait pour le séduire et exciter ses pulsions d’achat. Ceci ne nous aide nullement dans notre rôle d’éducateur, bien au contraire, ce sera des épreuves pour nous faire entendre raison. Bien des familles à revenu modeste ont dû céder pour acheter des consoles de jeux qui coûtent assez cher à leurs enfants.
Les modèles sociaux du passé et du présent sont le patrimoine culturel d’une société, mais beaucoup de gens méritants sont restés dans l’anonymat.
Notre société est hiérarchique, quel que soit son régime. Si nous observons des enfants dans une crèche. On remarque qu’il existe déjà des enfants dominants et d’autres passifs. On voudrait les voir tous égaux, mais déjà se dessinent les éléments d’une hiérarchie.
La société est structurée aussi en trois niveaux, celui de l’individu, de la foule, et celui des médias qui distribuent les informations qu’elles estiment importantes avec de temps en temps des rappels du passé avec celui des vedettes.
La société, en théorie, appartient à tous, libre à vous de convaincre votre prochain de vos idées. Tout seul, vous n’irez pas loin. Lorsqu’on fait du social, on est obligé de passer par le groupe. Il garantit un minimum de communication, d’échanges d’idées, de mise en commun. Il rayonne par les relations sociales de chacun.
La bible affirme que “S’il y avait eu dix personnes justes à Sodome et Gomorrhe, ces villes n’auraient pas été détruites”.
Tout ce qui existe dans la société a été fait au départ avec un groupe de personnes.
Actuellement 20% de la population détient 80% des richesses et dans l’avenir ces proportions risquent de s’aggraver. C’est dire que le groupe dominant impose son mode de vie aux autres. Si tout était bien dans le meilleur des mondes pourquoi s’en plaindre ?

NOTRE PRODUCTION

La façon de produire conditionne nos mentalités. Autrefois, l’homme vivait de cueillette et de chasse. Ensuite, il a appris à cultiver et à faire de l’élevage pour faire face à la demande et se rendre indépendant du son milieu. Ensuite, il a conquis d’autres espaces pour peupler la planète, trouver d’autres ressources ou occuper des points stratégiques pour affirmer sa puissance ou assurer sa défense. Ces adaptations ont été indispensables pour survivre compte tenu de l’accroissement de la population.
Une main outillée peut tout faire. Le travail humain a été aidé par le travail animal. Ensuite, on a pu décomposer le travail en énergie et en mécanisation du geste.
Aujourd’hui nous sommes à l’ère de l’automatisation, de la robotisation, de la télétransmission d’informations et de l’audiovisuel. Si l’univers de la main de l’homme a régressé, elle n’a pas complètement disparu pour les tâches spécifiques ou personnalisées. Les produits de séries se sont généralisés, mais ils ne couvrent pas tous nos besoins.



A vouloir toujours plus, on se rapproche des modèles mathématiques qui éliminent tout ce qui n’est pas rentable, mais qui rend le travail sous pression.

0 et 1 symbolisent le langage numérique et traduisent aussi bien l’image, le son, la musique, le texte, le chiffre… Nos appareils et les cartes à puce, le téléphone et bien d’autres parlent le même langage. Dans l’avenir, ils seront plus condensés en étant plus petits et plus performants, rapides et fiables. Il est curieux de voir que l’homme a régressé parallèlement, il est davantage seul, rarement fiable et l’on perd le langage avec son prochain.
Nous produisons 10 fois plus avec 2 fois moins d’ouvriers et l’avenir promet davantage.
La main d’œuvre artisanale s’est déplacée vers l’industrie qui paie mieux avec des avantages sociaux.
Aujourd’hui, nous sommes tous salariés et même les professions libérales sont tributaires de réseaux. Autrement dit, il est rare que le client vienne par sa propre initiative, mais plutôt parce qu’il a été adressé par l’intermédiaire de quelqu’un. Les gens étant isolés, le bouche à oreille ou la réputation fonctionnent de moins en moins bien. La place que l’on occupe sur le marché devient plus importante que notre mérite. Les grands groupes, atteints de gigantisme, ont occupé presque tout le terrain social, si bien que nos enfants seront soit employés par eux, soit exclus.

A vouloir tout rentabiliser et automatiser, on risquerait de perdre son âme.

A l’époque égyptienne, plus on était sévère avec la main d’œuvre, plus on augmentait la productivité. Il a fallu des millénaires pour comprendre que la technique était stricte, mais qu’il fallait respecter l’ouvrier et lui donner des droits.
Avant l’employé était responsable de son accident de travail. Aujourd’hui, il relève de la responsabilité de l’employeur, même si l’accident survient sur le trajet pour se rendre à son travail.

Le profit et le rendement sont les soucis de la productivité.

On se rapproche de plus en plus des modèles théoriques et mathématiques de rentabilité maximale en éliminant tous les temps et les espaces morts. On travaille à flux tendu pour minimiser les stocks. Dans la bible, on préconise de laisser des grappillons pour en faire profiter ceux qui ont faim ou les oiseaux !
Pourtant, l’individu disposant de plus en plus de matériels performants et d’une distribution par internet pourrait s’exprimer davantage, mais il faudrait changer les mentalités et s’éloigner du conformisme. On est loin de l’esprit Tarzan ou de Robinson Crusoé qui se débrouillaient tout seul, on préfère le confort et la prise en charge

LES AVANTAGES SOCIAUX

Ils ont été acquis à partir de nombreuses luttes sociales :
• Le droit aux soins pour tous avec la sécurité sociale
• Le droit à la retraite
• Le salaire minimum
• Le minimum d’insertion social
• Le droit à l’invalidité
• Droit au syndicat et aux prud’hommes
• Le droit au chômage
• Les allocations familiales
• Différentes aides sociales

On a constitué des réservoirs sociaux où chacun apporte sa contribution et réciproquement, il peut y puiser en cas de nécessité. Cette solidarité sociale a permis l’achat d’appareils médicaux coûteux comme le scanner ou la résonance magnétique et l’accès au plus grand nombre de gens à ces examens spécialisés..
Cependant la mise en chômage d’un travailleur transforme une personne qui rapporte en une personne qui coûte. Le système devient alors difficile à équilibrer. La partie travaillante de la société est taxée de charges sociales, la main-d’œuvre est trop chère. Là où il fallait trois personnes, on n’en met qu’une qui sera surchargée et on sera mal servi. Les petits métiers ont disparu et des services qui nous aideraient dans la vie quotidienne sont trop chers et souvent de mauvaise qualité. Bref, il faut tout se faire soi-même !
Les entreprises délocalisent à l’étranger, là où la main-d’œuvre est moins chère et docile parce qu’elle n’est pas protégée et travaille sous contrainte. Elles ont aussi ouvert la voie à l’imitation et à la contrefaçon qui n’existaient pas auparavant.
Pour ne pas perdre ces avantages sociaux, nous ne sommes pas libres de quitter notre emploi comme bon nous semble, l’employeur, non plus, ne peut pas nous licencier quand il veut. Nous sommes tenus par une “laisse” qui nous râpe le cou, comme dans la fable de la Fontaine “Le loup et le chien”. Le chien était bien nourri, mais tenu en laisse, le loup a préféré la liberté.


Des papiers, toujours des papiers, les chiffres de vos revenus doivent être amputés de nombreuses devances et devant tout litige, il faut des papiers. Quand ils ne sont pas dans le bon ordre, on est contraint à des démarches et de faux papiers valent mieux qu’une vérité mal défendue !

Il est impossible de faire des projets comme “Perette et le pot au lait”. On ne peut plus exploiter une petite idée et démarrer peu à peu. Pour payer un salarié au minimum avec les charges sociales, il faut un certain investissement et un débit de clientèle. Il sera difficile d’être un concurrent des géants de notre société.
Sans être critique, on est entouré de gens à problèmes, d’oisifs, de retraités, de chômeurs, d’assistés sociaux, ces gens sont peu fiables et motivés pour faire une équipe alors qu’en face de nous les grands groupes sont actifs grâce à une équipe triée, motivée et rémunérée.
Si vous devez choisir entre créer une entreprise, ouvrir un commerce dont la réussite est incertaine, exercer un métier pénible mal rémunéré ou avoir une rente stable d’invalidité, certains hésiteront de se lancer dans la vie active.

LES TENDANCES SOCIALES


La guerre naissant dans les cerveaux humains, il faut préférer changer les mentalités en modifiant les informations et en éduquant plutôt que d’utiliser les armements et les bombes !
Comme dit Paul Valérie “La guerre met en présence des gens qui se massacrent et qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et qui ne se massacrent pas.”


Au cours de l'histoire, souvent les guerres ont été précédées d'une crise économique et les besoins alimentaires avec l'ensemble des biens consommables étaient les premiers en difficulté. Lorsque j’ai faim, tu as faim, nous avons faim, nous parlons le même langage qui permet de regrouper plusieurs personnes. Nous sommes alors menacés dans notre existence et la révolte n’est pas loin d’éclater.
Actuellement, dans les pays industrialisés, les difficultés sociales ne touchent pas encore l'alimentation. On peut, certes, déplorer une baisse de sa qualité.
Par contre, la sexualité est gravement atteinte et il est difficile de se mettre d'accord pour agir et améliorer ce problème, parce qu'il est particulier et spécifique à chacun, ce qui n'est pas le cas dans le domaine alimentaire. Aussi la dispersion avec perte d'un langage de communication menace notre civilisation.
L’emploi du temps et les informations que l’on capte diffèrent de plus en plus d’une personne à l’autre.
Isolé, nous sommes en insécurité. Les dépenses en alarmes, vidéo-surveillance jusqu’au plan vigipirate sont considérables et ne sont qu’un parapluie vis-à-vis d’un environnement toujours menaçant. Rien n’échappe à l’insécurité : notre emploi, notre couple, nos enfants, notre avenir…
La sexualité est maudite avec la difficulté de rencontre de notre partenaire, la fréquence des divorces, les maladies vénériennes et en particulier le Sida, les délits sexuels… La place de l’amour devient restreinte !
La rencontre de l’autre se fait au travers de films, de la télévision, d’internet et à l’aide d’appareils électroniques : radio, magnétoscope, DVD, baladeur, téléphone… Ce sont en fait, des leurres. Ce n’est qu’une vraie personne qui peut comprendre, soulager et aider son prochain.
Le conformisme social empêche toute créativité ou originalité, comme le cliché standard des vacances où l’on souhaite être pris totalement en charge dans un environnement très confortable, dans un cadre idyllique, avec soleil et climatisation et une nourriture abondante, avoir rien à faire, si ce n’est quelques activités sportives ou des jeux et être distrait par des animations. Les promotions de voyages en circuit organisé reviennent moins chères que le prix du billet que vous achèterez seul pour la même destination.

Notre vie est rythmée par les manifestations de masse : Vacances scolaires, matchs de foot-ball, Noël, plages, grèves…

UNE SOCIETE DE CONSOMMATION

Si vous descendez en ville, vous verrez une foule en mouvement incessant, mais vous n’aurez aucun contact humain. La seule possibilité sera de consommer. La publicité vous y invite, les prix, les promotions, les soldes vous tentent et l’on s’ingénie à vous tenter. Quand vous entrez dans un magasin, tout est à votre portée et bien présenté, il n’y a qu’à vous servir. Mais méfiez-vous, vous êtes surveillé par l’électronique, caméras, badges, codes bar…, vous n’aurez qu’une possibilité, celle de payer ce que vous avez pris, si vous en doutez, des hommes forts vous attendent à la sortie.
Dès que vous sortez du magasin, ce que vous avez acheté chute de sa valeur. Ce que l’on n’a pas coûte très cher, tandis que tout ce que l’on possède ne vaut pas grand-chose. L’immobilier fait peut-être exception selon les périodes et son emplacement.
Tout ce que l’on achète se transforme en déchets à plus ou moins long terme. Il ne vous reste que les marchés aux puces ou certains magasins équivalents pour écouler ce dont on a plus besoin à des prix dérisoires. L’industrie qui surproduit, elle aussi doit liquider ses stocks dans des magasins “discount” ou en dégriffant ses marques.
Produire-consommer est un des principal moteur de notre économie avec le souci d’écraser les prix. Si on paie une chemise à bas prix, par exemple, la chaîne de fabrication met peut-être en esclavage des gens à l’autre bout du monde !
L’industrie de plus en plus mécanisée et robotisée produit pour tout le monde, il est rare de voir aujourd’hui des gens en haillons, même les mendiants sont habillés correctement. Cependant elle consomme de l’énergie, elle crée de la pollution, du chômage et de l’exclusion.
On aurait pu imaginer en achetant des matières premières, créer et faire une plus-value sur notre investissement de départ, mais la chose est de plus en plus difficile, car le produit standardisé est imbattable dans son prix de revient. Il reste un tout petit créneau dans les cas où la main de l’homme est irremplaçable, dans les travaux de maison, par exemple, ou quelques artisanats d’art.
Les nouvelles technologies rejettent les anciennes qui pourtant, sans elles, n’auraient jamais vu le jour.
Les prix de nos appareils étant en baisse, il vaut mieux les jeter lorsqu’ils sont en panne, plutôt que de les réparer, d’autant plus que l’heure du technicien coûte très cher. Peut-être qu’un jour, on ne saura plus les réparer !
Cet état d’esprit se retrouve dans le couple puisqu’on préfère divorcer que de concilier ou faire des concessions. D’ailleurs, notre société prospère sur la mésentente, on aura davantage besoin de logements lorsque l’on divorce, il faudra acheter ses outils plutôt que de se les faire prêter.
Souvent le consommateur achète des boîtes, à lui de savoir monter et faire fonctionner ce qu’il y a dedans. Il doit se référer à une notice en plusieurs langues qui n’est pas toujours explicite pour le profane.
La qualité des produits et des services laisse à désirer, il est difficile d’avoir un interlocuteur valable, les responsables sont difficiles à atteindre et répondent rarement à nos sollicitations en cas de litiges. Malfaçons, escroqueries, marchands d’illusions, non-respect des délais… s’ajoutent au climat d’insécurité.
Sans créativité, notre société ne pourra pas progresser. On sait que les ordinateurs iront plus vite, que les phots numériques seront plus précises, que la haute définition remplacera nos caméras et nos télévisions, que le téléphone portable nous étonnera par ses performances… Si on le sait, on ne crée plus. A part l’extension de la société de consommation vers de nouveaux pays, il n’y a plus d’idées vraiment nouvelles et les relations humaines se dégradent faute de s’améliorer.

LES INFLUENCES DE LA SOCIETE SUR NOS ENFANTS

La société propose un système d’éducation gratuit et obligatoire. Elle propose un programme qui n’a pas tellement évolué et conduit l’enfant vers l’université et des diplômes. S’il ne suit pas ses études convenablement, il est alors orienté vers des filières accessoires.
L’école et l’université procèdent par punition et élimination. Elle revient exceptionnellement sur les acquis antérieurs, le programme d’enseignement suit une marche irréversible. On est mauvais élève, soit parce que l’on ne travaille pas, soit aussi parce que l’on ne répond pas assez à ce que l’on nous demande, alors que l’on travaille.
On ne peut pas arrêter le temps et notre trajet dans la vie doit assumer un certain nombre de responsabilités.

Les échéances de la vie sont strictes : autour de 25 ans, en principe, on gagne sa vie, de 25 à 50 ans, on asseoit sa vie avec un partenaire et des enfants, après 50 ans, il y a des choses que l’on faisait avant et que l’on ne peut plus faire.
Les influences sociales sur nos enfants sont considérables, si bien que certains sont à l’image de notre société.
La consommation rapide nous donne des aliments prêts à ingurgiter, plus la peine de les préparer, ni de savoir comment ils sont faits. Le goût devient atrophié.
La publicité incite nos désirs au lieu de les contrôler. Si on conditionne l’esprit de votre enfant à une boisson sucrée, à une console de jeux, les auteurs bénéficieront de ces clients pendant longtemps.
Les copains ou les fréquentations orientent les goûts vers les marques de vêtements, la drogue, la musique bruyante, l’admiration fanatique de stars et le rejet des traditions.
Nous avons deux outils de perception : l’œil et l’oreille et deux d’expression : la bouche et la main. Voir :
http://jancopy4.blogspot.com

On peut dire que l’œil et la main s’atrophient de plus en plus. En effet, l’œil regarde l’écran de films, de télévision, d’ordinateur, de jeux vidéo et non plus la réalité. Croyez-vous que l’on ait besoin d’autant de chaînes de télévision et de films ? Passerons-nous notre vie devant un écran ? Notre valeur dépend de ce que l’on a en soi, de notre compétence et non de ce que l’on a sur soi ou de l’admiration des autres. Ces derniers peuvent servir de modèles certes, mais il ne faudrait pas perdre notre identité et oublier notre construction personnelle.
L’observation et l’action sont des éléments de la réalité que l’on peut photographier ou filmer. S’ils sont négligés, cela veut dire que les intentions ou les paroles ne correspondent pas aux faits. Ceci est très grave lorsqu’il s’agit de personnes à hautes responsabilités. Il est étonnant de voir des personnes ayant fait de grandes études et expérimentées commettre des erreurs de gestion qu’une simple ménagère de bon sens n’aurait jamais faites ! Elles ont souvent mis en péril de nombreuses familles.
Votre enfant sait-il se servir de ses mains ? Peut-il mener un projet jusqu’à sa réalisation ? Comment apprend-t-il la notion de responsabilité, s’il ne fait rien de constructif ?
J’ai eu la chance d’être né en Algérie et de connaître le goût du bon lait, du bon pain, des grosses tomates rondes et des bons fruits. La campagne m’a permis de distinguer les arbres fruitiers avec leur saison, d’être attentif au chant de la poule qui a fait l’œuf et de la voir couver. Les parties de pêche avec mon père m’ont appris le nom des poissons, leur alimentation leur mode de vie et leur qualité. Il avait horreur de pêcher des poulpes et je profite de vous rappeler une de ses remarques : “Lorsque l’on sort un poulpe de l’eau, il ne se trompe jamais de direction, il va toujours du côté de la mer.”
Quelles que soient les épreuves que nous subissons, ne vous trompez pas de direction pour s’en sortir !
Je ne peux pas m’étendre sur ces références, mais elles existent depuis la nuit des temps et l’on peut les retrouver dans le monde entier.
Nos jeunes sont au courant de l’actualité certes, mais elle a une valeur éphémère et nous ne sommes pas crédibles sur nos valeurs.
La main a régressé. Plus une machine est moderne, plus l’intervention de la main est éliminée ou réduite et l’on rechigne pour les tâches manuelles. On rêve de ne rien faire, d’être célèbre et de gagner beaucoup d’argent. Les jeux de hasards, la télé-réalité font croire que cela est à la portée de tous, alors qu’elle dépend davantage des moyens employés que de son contenu.
L’absence d’horizons pour leur avenir est un drame pour nos jeunes. La réalité sera dure : quelle place auront-ils, à quelle qualité de vie pourront-ils prétendre ? Auront-t-ils les moyens de se sortir de l’exclusion ?

LA MONDIALISATION

Vous avez d’un côté les pays industrialisés dont le pouvoir est détenu par des groupes restreints qui sont satisfaits de cette évolution sociale puisqu’ils prospèrent et les autres. Qui sont ces derniers ?, des inactifs, des retraités, des chômeurs, des exclus, des sans papiers, mais aussi ceux qui souffrent pour exister, des délinquants et des terroristes.
La perte de la famille, des valeurs humaines, de l’insertion sociale, de l’environnement sont autant de liens qui empêchent les débordements du comportement et à cela s’ajoute la misère du quotidien.
“Quand on n’a rien dans le ventre, on tuerait son père et sa mère”. “Rien dans le ventre” doit être interprété aussi bien dans le sens propre : ne pas avoir à manger, mais aussi au sens figuré, n’avoir aucune retenue morale.
Il faudrait répondre par la phrase du prophète Isaïe : “Forgez vos armes en socs de charrue et vos lances en serpes. Un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple et on n’apprendra plus l’art des combats”.
Au lieu de s’occuper de conflits et répondre par la violence, il vaut mieux veiller à la qualité de vie de chacun, mettre nos efforts à travailler ensemble à la charrue et à partager les fruits de notre labeur récolté à la serpe.

L’enfant se trouve dans un carrefour de contraintes, celles que la vie impose, celle de la famille, celles de la société. Pourtant, il pourrait évoluer différemment si le “je“ est bien structuré et motivé par un idéal qui le pousserait à suivre le chemin qu’il a décidé.
L’enfant ne concerne pas que la famille, mais aussi la société. Bien élevé, il rendra service, mal élevé, il provoquera des préjudices aux autres et là où il passera, on s’en plaindra.
Il ne faudrait pas accuser la famille de tous les maux, elle est mise aux épreuves de la société et des problèmes sociaux retentissent sur elle.



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